Témoignages symboliques au Moustérien

Please download to get full document.

View again

All materials on our website are shared by users. If you have any questions about copyright issues, please report us to resolve them. We are always happy to assist you.
Share
Transcript
  CLOTTES J. (dir.). — L’art pléistocène dans le monde / Pleistocene art of the world / Arte pleistoceno en el mundo  Actes du Congrès Ifrao, Tarascon-sur-Ariège, septemre !"#" $  Symposium « Signes, symboles, mythes et idéologie ! Témoignages symboliques au Moustérien Marin CÂRCIUMARU "# , Elena-Cristina NI Ţ U "b , Minodora Ţ U Ţ UIANU-CÂRCIUMARU "$   Résumé Nous le savons, il existe aujourd’hui nombre de témoignages concernant l’usage de l’ocre. Pourtant, peu d’auteurs ont osé envisager la possibilité de tatouages pour l’homme de Neandertal. Cela signifie que la découverte dans la grotte Cioarei de récipients pour la préparation de l’ocre représente la preuve matérielle directe de la pratique de la peinture corporelle par les communautés moustériennes. Ils constituent un témoignage sur la préparation et l’utilisation de l’ocre en un sens bien précis, consciemment et avec des significations préalablement connues. La récente découverte de fossiles dans une couche moustérienne de la grotte Bordul Mare complète le comportement symbolique de l'homme de Neandertal. Mots-clé:   godet ; récipient ; Paléolithique moyen ; moustérien ; collecte de fossile ; symbolisme. Abstract  Mousterian symbolic disco!eries As we all know very well, today there are enough    pieces of evidence concerning the gathering of ochre. Yet, on the possibility that Neanderthal man may have used tattooing, there have not been many authors who dared to talk. This means that the discovery of containers used for preparing ochre represents a direct material proof concerning body painting practice in Mousterian communities. They represent a piece of evidence concerning the preparation and the use of ochre in a very clear sense, namely consciously and with significations known beforehand. The recent fossil find from a Mousterian layer of Bordul Mare Cave completes the information on the symbolical behavior of Neanderthal man.  Keywords: ochre    containers; Middle Paleolithic; Mousterian; fossil collection; symbolism. Les problèmes liés au symbolisme de l’homme de Neandertal ont généré, ces dernières années, d‘ardentes controverses. Une partie des chercheurs a contesté les témoignages évoqués par les recherches antérieures, considérant qu’il était nécessaire de réviser le contexte archéologique des découvertes, ou même de les ignorer totalement en raison de l’interprétation fantaisiste des « documents ». Inversement, de * Universitatea Valahia Târgovi ş te, Ş coala Doctoral ă , Str. Lt. Stancu Ion, nr. 32-34, Târgovi ş te, jud. Dâmbovi ţ  a România.  a mcarciumaru@yahoo.com  b elenacristinanitu@yahoo.com  c minodora.c@gmail.com    Symposium "ignes, symboles, myt#es et idéologie$   CD-2 plus en plus souvent récemment, probablement aussi à cause des enregistrements plus rigoureux faits pendant les fouilles archéologiques, un courant favorable est apparu pour accepter l’hypothèse sur la capacité de l’homme de Neandertal à avoir des manifestations symboliques. Dans cette étude, nous essayons de faire le point sur trois questions : la préparation et l’utilisation de l’ocre, l’introduction de certains objets insolites dans les habitations paléolithiques et le très controversé culte de l’ours en grotte. %&ocre André Leroi-Gourhan (1964) voyait l’ocre, à côté d’autre fossiles, parmi les premiers témoignages sur l’homme antérieurement au Paléolithique supérieur. Pourtant, il ne trouvait pas d’explication satisfaisante concernant son utilisation au Paléolithique moyen, dans la mesure où l’on ne connaissait pas la peinture néandertalienne. F. Bordes (1952) remarquait que, bien que l’on n’ait pas découvert de peintures rupestres du Paléolithique moyen, la fréquence pendant cette période des matières colorées, les variétés d’ocre ou de bioxyde de manganèse noir indiquait, à son avis, l’usage probable de la peinture corporelle dans certaines tribus moustériennes, dans le cadre de certaines pratiques magiques. Il serait peut-être intéressant de mettre en évidence quelques considérations formulées sur la découverte de l’ocre dans quelques habitats moustériens en France. Un intérêt précoce pour la collection des fragments d’ocre et de manganèse des couches moustériennes du Périgord a été manifesté par L. Capitan et D. Peyrony pendant les fouilles en 1912 de La Ferrassie et par L. Henri-Martin (1923) dans le gisement La Quina. Revisitant les collections de colorants – récoltés pour la plupart lors des fouilles de F. Bordes et D. de Sonneville-Bordes dans plusieurs grottes, abris sous roche et sites de plein air du Périgord, comme Combe-Grenal, les grottes de la colline du Pech de l’Azé, l’habitat de la Micoque dans la vallée de la Vézère, l’abri sous roche de Caminade, la couche classique du Moustier et l’habitat moustérien de la Chapelle-aux-Saints–, P.-Y. Demars (1992) a fait des observations extrêmement intéressantes, à la suite d’une étude attentive des échantillons découverts et de leur classification en fonction du faciès moustérien spécifique au sein duquel les échantillons respectifs ont été mis au jour. La quantité significative de colorants découverte dans les faciès moustériens étudiés du Périgord est surprenante, surtout en comparaison avec les opinions préexistant à ces découvertes. Pourtant, l’on a constaté qu’ils sont plus répandus dans les couches attribuées au Moustérien de tradition acheuléenne et, peut-être, dans le Moustérien de type Quina. Plus exactement, les colorants apparaissent pendant le Moustérien de type Ferrassie, se développent dans le Moustérien de type Quina et se répandent dans le Moustérien de tradition acheuléenne. P.-Y. Demars ( ibid. ) arrive ainsi à la conclusion que, vers 70 000 BP, apparaissent, dans les industries moustériennes du sud-ouest de la France, des colorants qui peuvent être interprétés comme les témoignages de certaines pratiques spirituelles.  C%&C'*& . et al% , Témoign#ges symboli+ues #u oustérien CD-3 D’ailleurs, F. Bordes avait émis, dès 1952, l’hypothèse concernant l’habitude de l’homme de Neandertal de peindre son corps, sûrement dans le cadre de certaines pratiques magiques. Il ne faut pas omettre non plus le fait que, dans l’habitat de Terra Amata, des fragments d’ocre ont été récupérés dans un niveau qui se rapporte à la glaciation de Mindel. Quittant l’Europe de l’Ouest, nous allons constater que, au Proche-Orient, de l’ocre a été découverte dans la grotte de Djebel Qafzeh (Vandermeersch 1969) et à Skul (Demars 1992), ce qui atteste le fait que l’homme en avait plusieurs usages. À Qafzeh, un grand nombre de petits fragments d’ocre rouge et jaune à l’état brut se trouvaient à côté d’ossements humains, ce qui atteste qu’ils auraient pu être utilisés alors en guise d’offrandes. En Roumanie, le seul habitat moustérien qui a livré des quantités significatives d’ocre et spécialement les premiers témoignages certains de la préparation de l’ocre par l’homme de Neandertal est la grotte Cioarei. 'ig( )(  Lo$#lis#tion géogr#phi+ue des grottes o ont été dé$ou-erts des témoign#ges symboli+ues de lhomme de /e#ndert#l. Fig. 1.  &etting of the ca'es with s(molic finds of )eanderthal man%  Symposium "ignes, symboles, myt#es et idéologie$   CD-4 Du point de vue physico-géographique, la grotte Cioarei est située au sud des Carpates méridionales, au contact de la montagne avec les Sous-Carpates de l’Olténie (Cârciumaru et al  . 2000) (fig. 1). Dans la grotte Cioarei, les colorants (fig. 2) sont concentrés dans la couche E, contemporaine du complexe de réchauffement Boro  ş teni  . Les datations 14 C de cette couche ont mis en évidence des âges entre 51 900 +5300/–3200 BP et > 45 000 BP (fig. 3). Pourtant, nous soupçonnons que les datations mentionnées sont inférieures à l’âge réel, celui préconisé par les recherches palynologiques et paléofauniques, probablement par suite des limites de la méthode 14 C. Il n’est pas exclu, conformément aux corrélations chronoclimatiques du complexe de réchauffement Boro  ş teni avec le dernier interglaciaire, qu’il y ait de l’ocre plus ancienne que 80 000 BP dans la grotte Cioarei. Même si nous tenons compte uniquement des datations 14 C mentionnées, cela signifie que, dans la grotte Cioarei de Boro ş teni, a été découvert l’ocre la plus ancienne connue jusqu’à présent en Roumanie. Étant donné que, outre l’ocre essentiellement trouvée dans la couche E (48,62 %), des quantités significatives ont été découvertes, comme nous allons voir, dans la couche F (16,28 %), contemporaine du premier stade glaciaire postérieur au dernier interglaciaire, ainsi que dans la couche J (11,06 %), sédimentée lors de la phase Nandru 3 du complexe interstadiaire Nandru et qui voit la fin de l’occupation intensive de la grotte, nous pouvons dire que plus de 75 % de la quantité d’ocre a été récupérée dans les couches de cette période. Les échantillons ont généralement été utilisés par les paléolithiques de la grotte Cioarei dans leur l’état naturel. Beaucoup sont argileux, d’autres ont une structure fibreuse similaire à celle de la goethite. Il existe aussi une corrélation étroite entre les quantités les plus élevées d’ocre et les couches intensément habitées par l’homme paléolithique, par exemple dans la couche E. 'ig( *(  0$h#ntillons do$re n#turelle dé$ou-erts d#ns l# grotte Cio#rei. Fig. 2. )atural ochre samples disco'ered in Cioarei Ca'e%  C%&C'*& . et al% , Témoign#ges symboli+ues #u oustérien CD-5 'ig( +( Chronostr#tigr#phie du dép1t de l# grotte Cio#rei. Fig. 3. Chronostratigraph( of the deposit in Cioarei Ca'e% La découverte d’ocre avec différentes nuances, spécialement dans la couche E, est étroitement liée à la découverte des récipients pour sa préparation, pour la plupart concentrés dans la même couche. Une première observation concerne le matériau utilisé pour la réalisation de ces récipients. Il sont, pour la plupart, constitués par la partie supérieure des stalagmites et obtenus en les tronquant (Cârciumaru 2000). La technique appliquée par la suite par l’homme moustérien a été le raclage des couches successives internes. Ainsi, il obtenait une cuvette de dimensions et profondeurs diverses, mais généralement similaires, dans laquelle il préparait l’ocre (fig. 4). Le fait que l’ocre conservée sur ces récipients soit concentrée en majorité dans la cuvette est un argument de plus concernant son utilisation dans des buts bien définis et similaires. Si l’ocre s’était trouvée en quantité plus grande sur le revers, nous aurions pu penser qu’elle provenait d’un substrat d’ocre sur lequel le récipient aurait pu être posé (fig. 5-7).
Related Search
Similar documents
View more
We Need Your Support
Thank you for visiting our website and your interest in our free products and services. We are nonprofit website to share and download documents. To the running of this website, we need your help to support us.

Thanks to everyone for your continued support.

No, Thanks
SAVE OUR EARTH

We need your sign to support Project to invent "SMART AND CONTROLLABLE REFLECTIVE BALLOONS" to cover the Sun and Save Our Earth.

More details...

Sign Now!

We are very appreciated for your Prompt Action!

x