L'église Saint-Lubin de Châteaudun (Eure-et-Loir) / The church of Saint-Lubin at Châteaudun

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  Bernard Robreau L'église Saint-Lubin de Châteaudun (Eure-et-Loir) / The churchof Saint-Lubin at Châteaudun In: Revue archéologique du Centre de la France. Tome 23, fascicule 1, 1984. pp. 99-124. RésuméEtude historique et archéologique de l'évolution du plus vieil édifice chrétien intra-muros de Châteaudun, avec discussion desproblèmes chronologiques qu'il soulève. Après une phase de développement qui semble durer du VIe au XIe siècle, le déclins'amorce progressivement à la suite de l'aménagement du château médiéval, immédiatement au nord du site étudié. La fonctionfunéraire apparaît tardivement au XIVe siècle et se poursuit jusqu'au XVIIIe siècle. AbstractHistorical and archaeological study of the first intra-muros Christian building at Châteaudun and discussion of the chronology. After a phase of development (6th-llth cent.), the church declines from the date of construction of the medieval castle, north of thesite. The church is later used for funeral purposes (14th-18th cent.).Citer ce document / Cite this document :Robreau Bernard. L'église Saint-Lubin de Châteaudun (Eure-et-Loir) / The church of Saint-Lubin at Châteaudun. In: Revuearchéologique du Centre de la France. Tome 23, fascicule 1, 1984. pp. 99-124. doi : 10.3406/racf.1984.2402http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/racf_0220-6617_1984_num_23_1_2402  Revue Archéologique du Centre de la France, Tome 23, vol. 1, 1984. Bernard ROBREAIT L église Saint-Lubin de Châteaudun THE CHURCH OF SAINT-LUBIN IN CHÂTEAUDUN. Mots-clefs : Architecture religieuse, Châteaudun, Eglise, Sépultures médiévales, Sépultures modernes. Key-words : Religious architecture, Châteaudun, Church, Medieval burial, Modem burial. Résumé : Etude historique et archéologique de l'évolution du plus vieil édifice chrétien intra-muros de Châteaudun, avec di scussion des problèmes chronologiques qu'il soulève. Après une phase de développement qui semble durer du VIe au XIe siècle, le déclin s'amorce progressivement à la suite de l'aménagement du château médiéval, immédiatement au nord du site étudié. La fonction funéraire apparaît tardivement au XIVe siècle et se poursuit jusqu'au XVIIIe siècle. Abstract : Historical and archaeological study of the first intra-muros Christian building at Châteaudun and discussion of the chronology. After a phase of development (6th-llth cent.), the church declines from the date of construction of the medieval castle, north of the site. The church is later used for funeral purposes (14th-18th cent.). * 70 rue T. Divi - 28000 CHATEAUDUN.  100 R.A.C.F. 23, 1, 1984. Fig. 1 : Croquis de localisation : A. Escarpements actuels ; B. : Castrum du Haut Moyen-Age (tracé probable) ; C. : Enceinte urbaine élargie (XIIIe siècle) ; D. : Clôture des faubourgs médiévaux et modernes ; E. : Fossés du château (fin Xe ou début XIe siècle) ; F. : Edifice religieux environné d'un cimetière mérovingien ; G. : Saint-Lubin ; H. : Autre établissement religieux médiév al I. : Principaux axes de la voierie antique et médiévale. Fig. 2 : Plan d'ensemble : A. : Gallo-Romain ; B. : Edifice pri mitif ; C. : Edifice carolingien (IXe siècle ?) ; D. : Abside pro fonde (Xe) ; E. : Edifice à appareil en épi (vers l'an 1000) ; F. : Parties romanes (fin XIe ou début XIIe) ; G. : Milieu XVe ; H. : Milieu XVIe ; I. : Trous de poteau ; J. : Fenêtre associée à l'appareil en épi ; K. : Fenêtre gothique. 1. : Fouille 1980 ; 2. : Fouille 1981 ; 3. : Fouille 1983. 001 à 028 : ouvertures men tionnées dans le texte. Les portes murées n'ont pas été figu rées sur le plan et leur référence, indiquée à hauteur de leur emplacement, est alors soulignée.  R.A.C.F. 23, 1, 1984. 101 L'église Saint-Lubin de Châteaudun, vendue comme bien national à la Révolution, et aujourd'hui partiellement ruinée, semble la plus ancienne de la ville intra-muros. Trois années de recherche consacrées à cet édifice nous autori sent tenter cette première et toute provisoire synthèse1. 1. LES DONNEES HISTORIQUES. Dès la fin du XIXe siècle, un érudit chartrain, l. merlet (1863) avait reconnu l'ancienneté de l'édifice. Selon la vie de saint Aventin (acta sanctorum, 4 février), récemment revalorisée par une étude (blanchart-lemee 1981) concer nant n autre site mentionné par cette source hagiographique tardive, il aurait été bâti de ses propres deniers par le saint évêque qui l'aurait alors dédié à saint Etienne. Celui-ci restera, en effet, le second patron de l'église jusqu'à la Révolution. Elle aurait pu avoir dès cette épo que - la fin du Ve siècle ou le début du VIe siècle - un rang episcopal puisqu'Aventin a signé comme évêque de Dun au concile d'Orléans de 511. Les actes sont cependant moins crédibles lorsqu'ils en font l'évangélisateur de sa ville. Quoiqu'il en soit, l'édifice a bien dû avoir tem porairement ce rang episcopal sous le règne de Sigebert puisque Grégoire de Tours nous rap porte qu'un prêtre de Châteaudun nommé Pro- mothe en obtint de devenir évêque de sa ville. Il est d'ailleurs possible que le changement de dédicace de l'édifice - dont le prétexte fut le miracle réalisé dans la paroisse par Lubin, abbé de Brou, puis évêque de Chartres au milieu du VIe siècle - ait été destiné à effacer les traces de cette volonté d'autonomie locale. Les dédicaces à saint Lubin semblent, en effet, au terme de l'étude que nous leur avons consacrée2, très anciennes dans leur majorité. Des arguments variés (témoignages archéologiques, attestations historiques, contamination de la vie de saint Lubin et de diverses traditions liées à des édifi ces onsacrés à ce saint, par des éléments mythol ogiques païens...) invitent à faire remonter son culte très tôt après sa mort. 1. La présente étude remplace la courte note publiée dans le Bull, de la Soc. Arch, d Eure-et-Loir, 1981, 3e trimestre, p. 31-36, rédigée à partir des seules informations de la campagne de fouilles 1980 et dont quelques données sont à reprendre. 2.Rapport de fouilles 1981 , annexe n° 4, 20 pages dactylogra phiées. onsultable à la Bibliothèque Municipale de Château dun. ertains éléments de l'étude sont là aussi dépassés. L'église serait restée le seul édifice intra- muros de Châteaudun jusqu'au IXe siècle au moins (merlet et jarry 1896, xiii). Vers 1071, Guillaume gouet la donnera à Saint-Père de Chartres, qui y installera un prieuré. Il est pos sible qu'il s'agisse, ici, de la régularisation d'une usurpation déjà ancienne3. En tout cas, elle sem ble s'accompagner d'un certain déclin de l édi fice. Sous l'impulsion comtale, c'est La Madel eine, bâtie hors les murs, qui deviendra doréna vant e principal pôle religieux de Châteaudun. Saint-Lubin devra désormais se cantonner dans le rôle d'une paroisse riche mais de faible popul ation, puisque correspondant assez exactement à un quartier - au sens étymologique - de la ville forte. L'incendie de 1723 aura pour conséquence d'amorcer une dégradation du contenu social de la paroisse qui débouchera sur sa suppression lors de la Révolution. Devenu atelier d'arme ments, puis habitation avec jardin et écurie, il n'avait plus en 1980 qu'une fonction de dépotoir et de poulailler. Le rachat des ruines par la municipalité va dorénavant poser le problème de leur remise en valeur. 2. UNE HISTOIRE COMPLEXE DONT TEMOIGNENT LES FLUCTUATIONS DU PLAN. La valeur de ce dossier historique semble confirmée par les témoignages archéologiques, notamment les multiples vicissitudes que le plan de l'édifice a connues. Dans son premier état, l'édifice devait s'ordonner en fonction d'un module rectangul aire ont nous avons pu retrouver partiellement les murs sud et est lors de la campagne de fouil les 981. Le mur sud a été dégagé sur environ 5 m de longueur à la base du mur sud de la nef 3. Le donateur, futur possesseur des cinq baronnies du Per che Gouet, s'y présente comme possesseur de l'honneur des Alluyes. Nous savons, par ailleurs, que FULBERT de Chart res vait eu dans les premières années du XIe siècle des démêlés avec le seigneur de ce lieu qui abritait un certain ARNULPHE casatus de l'église de Chartres et sans doute se igneur d'Yèvre le Châtel. Or GUILLAUME donne avec l'église le lieu qui la jouxte nommé « les cours d'ArnouIt » ainsi qu'un chevalier. Il précise aussi - ce qui n'est peut-être pas qu'une clause de style - qu'il donne l'église pour le salut de son âme et de celle de ses ancêtres. De plus, ce texte, qui semble avoir été rédigé peu de temps avant la mort de sa mère - sans doute en 1071 selon CUISSARD, Bull, de la Soc. Dunoise, Tome 7, p. 295 -, suit de peu son approbation de la restitution à Saint-Père des restes de l'ancien monastère de Brou.  102 R.A.C.F. 23, 1, 1984. actuelle, tandis que le mur oriental a été rencont ré erpendiculairement au précédent à hauteur du net décrochement séparant aujourd'hui le chœur de la nef. Ce premier édifice a peut-être été assez anciennement agrandi par l'adjonction d'une abside semi-circulaire peu profonde qui n'a pu encore faire l'objet de recherches mais dont plusieurs indices suggèrent la possibilité (disposition et altimétrie d'un pavement de bri que entrevu au-dessus du mur oriental arasé lors de la fouille 1981 ; amorce de cette abside pro bable visible sur une trentaine de centimètres à la base du mur sud actuel du chœur, immédiate ment l'est du décrochement signalé plus haut, côté externe de l'édifice). Un second état certain a été exhumé en 1980. Il s'agit d'un segment d'une abside plus profonde correspondant à un chœur un peu moins long mais plus large d'au moins 3 m par rapport à l'actuel. Cet édifice a été postérieurement réduit pas la construction d'un mur droit, retrouvé seu lement en fondation et barrant cette abside à sa base ainsi que par la mise en place du mur nord actuel de la nef et probablement de la partie occidentale du mur nord du chœur (aujourd'hui non observable). Dans une étape ultérieure, le chœur va être à nouveau approfondi par une abside demi-circul aire ui lui donnera ses dimensions actuelles. Il ne restera plus, pour compléter le plan général, qu'à ajouter deux éléments ; l'allongement de la nef vers l'ouest d'environ 4 m4 et l'implantation d'un clocher latéral et d'un porche aujourd'hui disparus mais connus par une description du XVIIIe siècle5 et attestés par l'examen de l él évation sud de la nef. 3. L EDIFICE PRIMITIF. Il nous est très mal connu car rien n'a subsisté au-dessus du niveau du sol actuel. Toutes nos connaissances proviennent donc de la seule cam pagne de fouilles 1981. Elle nous a permis 4. Sans doute au XVIe siècle, si l'on en croit un marché passé en 1547 (MERLET 1886) qui présente cependant quelques difficultés au niveau des dimensions mentionnées (« troys toi ses de dedans en dedans »). 5.Manuscrit de P.D. BOISGANIER, Archives Départementa les hartres, série G, supp. 757, dont la partie consacrée à la description de l'église et de son mobilier a été publiée (JUSSELIN 1963). d'ébaucher quelques idées sur le plan, et nous a appporté quelques lueurs sur les procédés de construction, la durée d'utilisation et l'aménage ment ntérieur. Les vestiges de murs dégagés possèdent environ 1 m de commandement dont le tiers supé rieur seulement semble se rapporter à la partie srcinellement en élévation. Les murs est et sud paraissent assez dissemblables, bien que rele vant peut-être de la même campagne de travaux. Les différences d'aspect doivent être liées aux problèmes de pente qui ont nécessité l établiss ement 'une fondation d'un type différent pour le mur méridional. A l'est, la fondation - construite avant celle du mur sud - se réduit à une tranchée peu profonde creusée dans des remblais de terre noire contenant des tessons gallo-romains. Son fond avait été tapissé d'une sorte de hérisson de pierres incluant également quelques fragments de briques ou de tuiles. Au-dessus, dès la tro isième assise, nous avons pu observer un pare ment relativement soigné avec des blocs soigneu sement taillés en tête, aux arêtes généralement assez vives et assemblés assez parfaitement pour que le battage du mortier ne l'ait pas toujours fait refluer aux têtes de joints montants. Cer tains joints donnent ainsi l'impression d'être vifs. Cependant, l'hétérogénéité des dimensions, de la nature géologique et de la forme des blocs employés, ainsi que les variations d'épaisseur des joints laissent soupçonner le réemploi des blocs les mieux taillés et ajustés. En raison d'une pente plus forte en direction de l'ouest, le mur sud a nécessité l'établissement d'une fondation d'un type différent, à redans avec des assises obliques. L'horizontalité a été rétablie par l'amincissement progressif des lits vers l'est. Pour ce faire, on a employé des moellons de plus en plus minces, parfois faits d'une craie plus ten dre que le calcaire de Beauce massif qui consti tue 'essentiel de la fondation, puis la brique et même un fragment de tuile. Au-dessus, débutent trois assises horizontales qui correspondent à la partie inférieure de l'élévation de l'église primit ive. Nous sommes ici en présence d'un petit appareil moellonné, grossièrement équarri, enfermant un blocage de moellons (avec une forte proportion de silex à la base de la fonda tion ù l'implantation d'une sépulture nous a permis d'entrevoir le mur en coupe) noyé dans un bain de mortier. Au niveau de la première assise régularisée, nous avons observé les témoins des sols les plus
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