« Edward Pococke et l’orientalisme anglais du xvii e siècle : passeurs, transferts et transitions »

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    EDWARD POCOCKE ET L’ORIENTALISME ANGLAIS DU XVII E  SIÈCLE : PASSEURS, TRANSFERTS ET TRANSITIONS Claire GallienPresses Universitaires de France  | « Dix-septième siècle » 2015/3 n° 268 | pages 443 à 458 ISSN 0012-4273ISBN 9782130650966Article disponible en ligne à l'adresse :--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------http://www.cairn.info/revue-dix-septieme-siecle-2015-3-page-443.htm--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------!Pour citer cet article :--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Claire Gallien, « Edward Pococke et l’orientalisme anglais du xvii e  siècle : passeurs, transferts ettransitions »,  Dix-septième siècle  2015/3 (n° 268), p. 443-458.DOI 10.3917/dss.153.0443--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------  Distribution électronique Cairn.info pour Presses Universitaires de France.© Presses Universitaires de France. Tous droits réservés pour tous pays.La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites desconditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votreétablissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manièreque ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur enFrance. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. Powered by TCPDF wwwtcpdf.org)     D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -   U  n   i  v  e  r  s   i   t   é   d  e   R  e   i  m  s   C   h  a  m  p  a  g  n  e  -   A  r   d  e  n  n  e  s  -  -   8   1 .   6   6 .   4   6 .   8   8  -   0   4   /   0   9   /   2   0   1   5   2   2   h   0   8 .   ©   P  r  e  s  s  e  s   U  n   i  v  e  r  s   i   t  a   i  r  e  s   d  e   F  r  a  n  c  e DmeéégdswcrnnoUvsédRmsCmpAd86480022©PeUvsaredFa   XVII  e   siècle  , n° 268, 67 e  année, n° 3-2015 Edward Pococke et l’orientalisme anglais du 󰁸󰁶󰁩󰁩 e  siècle : passeurs, transferts et transitions Le choix de la figure d’Edward Pococke (1604-1691) pour étudier l’orientalisme anglais du 󰁸󰁶󰁩󰁩 e  siècle semble une quasi-évidence étant donné qu’il naît au début du siècle et meurt en fin de siècle, profitant ainsi d’une longue carrière à la chaire d’études arabes de l’université d’Oxford créée en 1636 et dont il est le premier occupant, et qu’il joua un rôle essentiel pour l’érudition orientaliste de son temps. Mais au-delà de la « figure » Pococke, cette contribution a pour ambition de donner à comprendre comment s’élabore le savoir orientaliste à l’époque, à partir de quels réseaux, selon quelles modalités, en répondant à quelles contraintes ; et, grâce à une étude détaillée des textes publiés et de leurs marges – qu’il s’agisse de la marge directe, paratextuelle, ou de ce qui vient en marge des textes, travaux préparatoires ou corres-pondances, par exemple – à remettre en cause le « Grand Partage » construit de manière rétrospective entre études théologiques et études de lettres et civilisation arabes. En effet, les historiens ont eu tendance à considérer le parcours de Pococke comme exemplaire d’une rupture entre l’orientalisme ancien, pris comme discipline auxiliaire de la théologie, et l’orientalisme moderne, fondé sur une étude des civili-sations et littératures des peuples orientaux. Robert Irwin écrit que Pococke vécut pendant le « premier âge d’or » anglais des études arabes et islamiques et qu’il en était la « vedette intellectuelle » mais ajoute que Pococke, « comme bon nombre de ses contemporains, ont appris l’arabe dans le but de mieux comprendre la Bible 1  ». L’analyse de la correspondance de Pococke met en relief les aspects contingents de la publication des ouvrages liés à l’étude de l’arabe et nous oblige à faire la distinction entre absence de publication et absence d’intérêt. De plus si l’étude de la langue arabe est justifiée par son application théologique, il est également vrai que la publication de textes en langue sémitique peut servir de prétexte à une étude plus poussée ou plus élargie sur le monde arabo-musulman. Afin de mieux cerner le processus d’élaboration du savoir orientaliste anglais de la première modernité, je propose donc de suivre une étude en deux temps nous permettant tout d’abord de comprendre le rôle de Pococke dans le développement de l’orientalisme et sa position d’intermédiaire par rapport aux divers cercles savants 1. Robert Irwin, For Lust of Knowing. e Orientalists and their Enemies  , Londres, Penguin Books, 2007, pp. 87-97.     D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -   U  n   i  v  e  r  s   i   t   é   d  e   R  e   i  m  s   C   h  a  m  p  a  g  n  e  -   A  r   d  e  n  n  e  s  -  -   8   1 .   6   6 .   4   6 .   8   8  -   0   4   /   0   9   /   2   0   1   5   2   2   h   0   8 .   ©   P  r  e  s  s  e  s   U  n   i  v  e  r  s   i   t  a   i  r  e  s   d  e   F  r  a  n  c  e DmeéégdswcrnnoUvsédRmsCmpAd86480022©PeUvsaredFa  444 Edward Pococke et l’orientalisme anglais du  XVII    e   siècle : passeurs, transferts et tran sitions  dans lesquels il circule, et d’examiner donc la construction du savoir orientaliste en réseau ; puis, en suivant une démarche méthodologique consistant à mettre en rapport la marge et le texte, d’observer les multiples fonctions des ouvrages publiés par l’auteur et de remettre en cause une catégorisation historiographique construite de manière rétrospective du savoir orientaliste, divisé entre théologie et belles-lettres, orientalisme ancien et orientalisme moderne. E󰁤󰁷󰁡󰁲󰁤 P󰁯󰁣󰁯󰁣󰁫󰁥 󰁥󰁴 󰁬󰁡 󰁣󰁯󰁮󰁳󰁴󰁲󰁵󰁣󰁴󰁩󰁯󰁮 󰁤󰁵 󰁳󰁡󰁶󰁯󰁩󰁲 󰁯󰁲󰁩󰁥󰁮󰁴󰁡󰁬󰁩󰁳󰁴󰁥 󰁥󰁮 󰁲󰁥󰁳󰁥󰁡󰁵 Edward Pococke débute son étude des langues anciennes et sémitiques à l’uni-versité d’Oxford qu’il intègre en 1619 2 . Le latin et le grec, mais également l’hébreu et le syriaque, font partie des langues enseignées au sein d’un cursus universitaire humaniste qui comprend à la fois les matières héritées de l’enseignement scolastique, telles la rhétorique, la logique, et la métaphysique, mais également la philosophie morale et naturelle 3 . Pococke apprend l’arabe grâce au mathématicien et arabisant Matthias Pasor (1599-1658), venu donner quelques cours rudimentaires à Oxford, et se perfectionne auprès de William Bedwell (1563-1632), dont il obtient des cours privés au presbytère de Tottenham High Cross, dans le Middlesex. La première chaire d’arabe à Oxford n’est créée qu’en 1636 et c’est Pococke qui l’occupera jusqu’à sa mort en 1691.Pococke n’aurait sans doute jamais acquis une telle renommée dans le domaine orientaliste, et plus spécifiquement arabisant, sans l’ouverture au monde oriental par le voyage. Il est employé en tant que chapelain de la Compagnie du Levant à  Alep de 1630 à 1636 et parfait sa connaissance de l’arabe, de l’hébreu, du syriaque, et de l’éthiopien, établit des contacts avec les savants juifs, chrétiens, et musulmans 2. J’utilise pour Pococke deux sources biographiques essentielles : l’entrée de Gerald Toomer dans l’ Oxford Dictionary of National Biography   et la très complète biographie de Leonard Twells incluse dans le premier volume des œuvres de Pococke qu’il édite en 1740. Voir Gerald J. Toomer, « Pococke, Edward (1604-1691) », in Oxford Dictionary of National Biography ( ODNB   par la suite), Oxford, Oxford University Press, 2004 ; http://www.oxforddnb.com/view/article/22430 (site consulté en  janvier 2015) ; et Leonard Twells, « e Life of the Reverend and Most Learned Dr Edward Pocock », in e eological Works of the Learned Dr Pococke  , n° 2 vols., Londres, 1740.3. Comme l’indiquent les statuts Laudiens de 1636, qui créent notamment la première chaire d’arabe, le cursus universitaire est divisé en quatre ans : la rhétorique est enseignée la première année, la dialectique pendant les deuxième et troisième années, et la philosophie morale ainsi que le grec et l’arithmétique pendant les troisième et quatrième années. À l’époque, les disciplines sont regroupées en deux grandes rubriques, les arts d’une part, ou arts du discours (grammaire, rhétorique, logique), aussi nommés « disciplines instrumentales », car considérés comme un moyen d’accès au savoir, et les sciences   (ou philosophie) d’autre part, subdivisées en deux sous-catégories, avec les « disciplines contempla-tives » (mathématiques, physique, métaphysique) et les « disciplines actives » (éthique, économique, politique). Mordechai Feingold insiste bien sur la composition encyclopédique d’un tel cursus, révo-quant l’idée que l’université à l’époque persiste dans un enseignement strictement scolastique et serait coupée des progrès scientifiques et des développements de la philosophie morale et politique. Les sta-tuts mentionnent également l’enseignement des langues et de la littérature tout au long du parcours. Mordechai Feingold, « e Humanities », in  Nicholas Tyacke (dir.), e History of the University of Oxford. Volume IV: Seventeenth-Century Oxford  , Oxford, Clarendon Press, 1997, pp. 212-220.     D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -   U  n   i  v  e  r  s   i   t   é   d  e   R  e   i  m  s   C   h  a  m  p  a  g  n  e  -   A  r   d  e  n  n  e  s  -  -   8   1 .   6   6 .   4   6 .   8   8  -   0   4   /   0   9   /   2   0   1   5   2   2   h   0   8 .   ©   P  r  e  s  s  e  s   U  n   i  v  e  r  s   i   t  a   i  r  e  s   d  e   F  r  a  n  c  e DmeéégdswcrnnoUvsédRmsCmpAd86480022©PeUvsaredFa  445 Claire Gallien de la région, notamment le derviche Ah󰀮 mad, et commence un travail de collecte de manuscrits pour son fonds propre, pour celui d’autres savants anglais, et pour la bibliothèque Bodleian à Oxford. Pococke rentre un an à Oxford de 1636 à 1637 afin d’être nommé à la chaire d’arabe tout juste créée par William Laud (1573-1645) et convainc ce dernier de le laisser repartir à Constantinople en compagnie du mathé-maticien John Greaves, afin de continuer la collecte de manuscrits entamée quelques années auparavant à Alep. À son retour en 1642, Pococke commence à traduire et publier des textes en arabe et en hébreu. Il publie tout d’abord en 1650 le Specimen historiæ Arabum , extrait de l’ouvrage de l’historien Abū   al- Faraj intitulé Ta  ʼ  rīkh mukht   ṣ ar al-duwal   ; édite et tra-duit de l’arabe vers le latin Contextio gemmarum, sive, Eutychii patriarchæ Alexandrini annales (1654-1656) du patriarche melkite d’Alexandrie Eutychius (877-940), à la demande de son ami, le juriste et spécialiste de droit hébraïque John Selden (1584-1654) ; et publie en 1655 le commentaire de Maimonide sur la Mishna intitulé Porta  Mosis  . Le nombre de ses publications augmente considérablement pendant et après la période de la Restauration. Il traduit ainsi en arabe le traité apologétique de Grotius intitulé De veritate religionis Christianae (1660) à la demande de Robert Boyle (1627-1691) ; il édite et traduit pour ses étudiants un manuel de poésie arabe, le Lamiato’l  Ajam, carmen Tograi (1661) ; et enfin termine sa traduction de l’histoire universelle d’Abū al-Faraj et la publie sous le titre de Historia compendiosa dynastiarum (1663).Gerald Toomer, dans sa biographie de Pococke et dans son histoire de l’étude de l’arabe en Angleterre au 󰁸󰁶󰁩󰁩 e  siècle 4 , indique une troisième phase dans la carrière de Pococke, marquée par le déclin des études arabes, pendant laquelle Pococke tra-duit en arabe pour la Compagnie du Levant un ouvrage de catéchèse anglicane, e Catechism of the Church of England, translated into Arabic (1671), et de liturgie, Book of Common Prayer (1674), destinés à être distribués parmi les chrétiens orientaux, dans un but de rapprochement des Églises anglicanes et orientales. Pococke écrit également le commentaire des prophéties de Malachie et Michée (1677), d’Osée (1685), et de Joël (1691). Il supervise en 1671 l’édition et la traduction en latin du conte philosophique arabe d’Ibn Tufayl, Hayy Ibn Yaqdhan , par son fils Edward Pococke (1648-1727). Les archives de l’orientaliste prouvent en réalité que Pococke père s’était déjà intéressé au conte à son retour de Constantinople au point d’en pro-duire une traduction en anglais en 1645 5 . 4. Gerald Toomer, « Pococke, Edward », art. cit. ; Gerald Toomer, Eastern Wisdome and Learning. e Study of Arabic in Seventeenth Century England  , Oxford, Clarendon Press, 1996, pp. 272-275.5. La bibliothèque de la Bodleian possède 4 folios écrits en anglais de la main de Pococke et qui correspondent à des extraits de Hayy Ibn Yaqdhan  (Bodl. Lib., Oriental Coll., MS Pococke 429, f°1-2, f°16-17). Entre le f°2 et le f°16 sont intercalés des documents manuscrits de sources différentes. La date du 10 juillet 1645 apparaît sur le recto du f°1 indiquant ainsi avec précision le moment où Pococke commence la traduction. Le deuxième folio (f°2) contient le début du conte. Les folios 16 et 17 ne sont pas la continuation du f°2 mais reprennent l’histoire de Hayy   à un moment plus éloigné de la diégèse. De plus, le folio 17 se termine avec une phrase inachevée. Ces deux remarques semblent indiquer que Pococke avait traduit plus que les quatre folios aujourd’hui conservés. Je conclus de ces observations que Pococke s’était intéressé à Hayy relativement tôt dans sa carrière et en avait entamé sinon terminé la traduction en vue d’une éventuelle publication mais que, pour des raisons non encore établies, il a dû interrompre l’exécution de ce projet. C’est sans doute ce qui l’incitera à proposer à son fils ce texte pour une édition en latin.     D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -   U  n   i  v  e  r  s   i   t   é   d  e   R  e   i  m  s   C   h  a  m  p  a  g  n  e  -   A  r   d  e  n  n  e  s  -  -   8   1 .   6   6 .   4   6 .   8   8  -   0   4   /   0   9   /   2   0   1   5   2   2   h   0   8 .   ©   P  r  e  s  s  e  s   U  n   i  v  e  r  s   i   t  a   i  r  e  s   d  e   F  r  a  n  c  e DmeéégdswcrnnoUvsédRmsCmpAd86480022©PeUvsaredFa  446 Edward Pococke et l’orientalisme anglais du  XVII    e   siècle : passeurs, transferts et tran sitions  La formation universitaire humaniste de Pococke est par définition pluridiscipli-naire et sa spécialisation en arabe ne l’empêche pas de maintenir des liens forts avec les théologiens, juristes, mathématiciens, astronomes et philosophes de son temps. Sa correspondance révèle divers types d’échanges avec les universitaires et savants anglais, européens, ou levantins de son temps, soit qu’il soit sollicité pour ses compétences en langues sémitiques, et plus particulièrement en arabe, ou encore pour l’obtention de manuscrits, soit qu’il ait besoin lui-même de financements, de soutiens politiques, de copies d’ouvrages ou de renseignements. Ainsi, pendant la période de l’Interrègne républicain en Angleterre, entre le régi-cide de Charles I er  en 1649 et le retour sur le trône de la dynastie Stuart en 1660, les tendances royalistes de Pococke sont très mal perçues des visiteurs parlementaires qui se rendent à Oxford en 1647 et en 1655. Grâce au soutien ferme de la commu-nauté scientifique, parmi les Parlementaires comme les Royalistes, Pococke peut être maintenu à son poste et sa présence est tolérée. De même, une fois la monarchie res-taurée, Pococke a recours au soutien d’universitaires proches pour pouvoir continuer à publier ses traductions en arabe, ouvrages très coûteux à l’époque, sans intérêt pour les libraires qui n’en tiraient aucun bénéfice financier. Ainsi, Gerald Langbaine (1609-1658), recteur de Queen’s College, à Oxford, et conservateur des archives, soutient la publication de la traduction d’Abū al- Faraj. De même sans l’aide de Samuel Clarke (1624-1669), ancien étudiant de Pococke devenu superviseur en chef des nouvelles presses universitaires d’Oxford, la traduction et la publication des Lamiyyat al-’Ajam d’al-Tughra’i ( Carmen Tograi  ) n’auraient sans doute jamais été possibles. La dépendance de Pococke vis-à-vis de quelques uni-versitaires proches pour la publication de son travail en arabe se vérifie à la mort de ces derniers lorsque Pococke ne publie plus que des travaux en rapport avec la religion, qu’il s’agisse de commandes, comme pour les ouvrages de catéchisme ou de liturgie anglicans, ou des commentaires des prophéties mineures. De même, la mort d’un acteur aussi influent que Henry Oldenburg (1619-1677), secrétaire de la Royal Society et fondateur des Philosophical Transactions  , rompt le lien qui existait de son vivant entre les membres de la Société et les savants orientalistes. La visibilité des études arabes demeure fragile.Pococke se place donc au cœur d’un réseau interdépendant. Il agit bien sûr en tant que savant et auteur, mais son savoir de même que son autorité dépendent d’un réseau érudit anglais, européen, levantin, opérant en amont. Il agit également lui-même en tant que « passeur 6  » et participe à un processus de « transfert culturel 7  » 6. De nombreux historiens ont travaillé la notion de « passeurs » ou « médiateurs » culturels. Je ne donnerai donc que quelques noms et notamment, Hans Bots et Françoise Waquet, Peter Burke, Sven Dupré et Christoph Lüthy, Christian Jacob, Simon Schaffer, Steven Shapin et Nathalie E. Rothman, pour ne mentionner ici que l’étude plus précise pour l’aire géographique qui nous concerne de Jocelyne Dakhlia et Wolfgang Kaiser (dir.), Les Musulmans dans l’histoire de l’Europe  , t. II : Passages et contacts en  Méditerranée  , Paris, Albin Michel, 2013.7. Voir notamment Michel Espagne, Les Transferts culturels franco-allemands  , Paris, Puf, 1999 ; Michel Espagne, Michel Werner (dir.), Philologiques III, Qu’est-ce qu’une littérature nationale ? Approches  pour une théorie interculturelle du champ littéraire  , Paris, MSH, 1994 ; et Michel Espagne, Michel  Werner (dir.), Transferts. Les Relations inter-culturelles dans l’espace franco-allemand (   XVIII  e  -  XIX  e    siècles) , Paris, Recherche sur les civilisations, 1988.     D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -   U  n   i  v  e  r  s   i   t   é   d  e   R  e   i  m  s   C   h  a  m  p  a  g  n  e  -   A  r   d  e  n  n  e  s  -  -   8   1 .   6   6 .   4   6 .   8   8  -   0   4   /   0   9   /   2   0   1   5   2   2   h   0   8 .   ©   P  r  e  s  s  e  s   U  n   i  v  e  r  s   i   t  a   i  r  e  s   d  e   F  r  a  n  c  e DmeéégdswcrnnoUvsédRmsCmpAd86480022©PeUvsaredFa
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