Sujets de partiel L3 - semestre 2 2013-2014 - Les Français et la guerre

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  UNIVERSITE DE PARIS I - PANTHEON-SORBONNE U.F.R. HISTOIRE Sujet d'Examen de L3 d'Histoire - 1 ère session 2 ème semestre2013-2014 Principal 38 S : La France face à la guerre : du Front populaire à la Libération Alya AGLAN  ______________________________________________________________________________   L'étudiant traitera au choix l'un des deux sujets suivants  !" - #issertation  Des Français contre le bolchévisme ? (1940-194! !!" - $ommentaire de texte  « À nos frères de souffrance ! À tous les prisonniers en Allemagne ! » En quittant les stalags nous vous avons fait un double serment : -   Vous tenir au courant de ce qui, véritablement, se passe ici. -   Faire l’impossible pour vous arracher à la botte hitlérienne. Aujourd’hui, en éditant et en vous faisant parvenir ce bulletin, trait d’union entre vous qui restez là-bas et nous qui sommes sortis, nous venons vous montrer que nous ne vous oublions pas. L’impression de ce petit journal, son envoi, exigent beaucoup d’efforts, de sacrifices, car penser français, dire la vérité, mener une action pour votre retour, sont autant de choses interdites dans la France de Pétain, de Laval, valets obéissants et appointés de Hitler. Camarades, frères, qu’ont-ils fait de notre France, les traîtres qui se sont emparés du pouvoir après avoir précipité notre pays dans la plus effroyable, la plus honteuse des défaites ? Misère physique, régression intellectuelle, répression policière forcenée, pillage de nos stocks et de nos réserves, voilà le résultat de deux années de gouvernement des Maréchaux, des Amiraux, des politiciens. Quelques défaites militaires savamment préparées et il ne reste plus rien du peu de bien-être et des libertés si chèrement et si durement acquises. Dans une France où, de l’aveu officiel, les forces policières ont été triplées, nous avons vu nos syndicats ouvriers dissous ou vassalisés ; nos dirigeants syndicaux emprisonnés et fusillés à moins que, acceptant de trahir leur camarades et leur pays, ils soient couverts de prébendes et d’argent. Nous avons vu le ravitaillement s’amenuiser progressivement alors que se développait et s’organisait, avec la complicité de Vichy et du boche, un vaste Marché Noir faisant tripler le coût de la vie. Nous avons assisté aux réquisitions du blé et des produits de nos campagnes pour le ravitaillement du « Grand Reich Allemand ».  Nous avons noté le pillage méthodique de nos richesses industrielles, ruinant notre pays. Nous avons pleuré de rage devant la misère et le dénuement de nos femmes et de nos gosses. Nous avons crié de douleur devant les emprisonnements massifs, les assassinats innombrables de tous ceux – communistes, gaullistes, chrétiens, républicains patriotes – qui ne veulent pas accepter un « ordre nouveau » basé sur la violence, les larmes, le sang. Nous qui revenons des stalags et des oflags, libérés parce qu’à bout de forces physiques ou parce qu’évadés, nous avons assisté à l’asservissement de notre France. Mais nous avons aussi assisté au réveil du sentiment national, à l’affirmation que le Peuple voulait se battre et vaincre ou mourir pour chasser l’envahisseur, délivrer les prisonniers, mettre plus de justice là où règnent l’arbitraire et le bon vouloir. Tout ce que nous avons, tout ce que nous voyons, amis, nous vous l’écrirons. Nous suppléerons autant que nous le pourrons à votre manque d’informations. Nous vous dirons ce que la presse allemande de langue française, que ce soit le  Matin, l’ Œuvre, Paris-Soir, etc., vous cache soigneusement. Vous saurez que la population est terriblement sous-alimentée et que le sort de vos familles – réduites à vivre avec 17 francs par jour – est lamentable, alors que les riches se gobergent dans les restaurants à 400 francs l’addition, mais vous saurez aussi combien est admirable la vaillance de vos compagnes, se dévouant pour vous envoyer vos si précieux colis [...]. Nous vous apprendrons comment, avec la complicité des autorités françaises, les nazis volent notre blé et nos pommes de terre, notre vin, notre charbon, nos betteraves et notre bétail... Mais nous vous dirons aussi comment nos paysans cachent leurs récoltes, refusent de livrer le produit de leur travail, organisent la résistance au pillage nazi. Nous vous ferons savoir dans quelle proportion nos usines augmentent le pouvoir de lutte de l’armée allemande en fabriquant tanks, canons, camions, obus, mitrailleuses..., mais nous n’aurons garde d’oublier de vous expliquer comment les ouvriers sabotent le matériel, rendent inutilisables moteurs et machines, incendient camions et usines. Nous vous apprendrons quel nombre considérable de trains de matériel, de marchandises, de produits agricoles, de houille, partent pour l’Allemagne et également le pourcentage sans cesse grandissant de trains détruits par les explosions et les déraillements. Vous saurez, certes, que des Français trahissent leur pays pour beaucoup de deniers, mais vous saurez aussi qu’à côté de cette poignée de traîtres, il y a des milliers de patriotes, héros et martyrs, vrais fils de la France éternelle qui se proposent d’entraîner par leur exemple l’ensemble du peuple, de ce Peuple qui hait l’Allemand pour tout le mal qu’il nous fait et pour tout le mal qu’il vous fait là-bas. Mais cette lutte que déjà le Peuple français livre à l’envahisseur ne doit pas se cantonner uniquement sur le sol de la Patrie. Si nous voulons écraser les boches, il faut les frapper partout où ils se trouvent. Avec la haine mortelle que vous portez tous dans votre cœur à vos bourreaux, vous, prisonniers, pouvez et devez jouer un rôle important dans cette lutte de libération. Vous êtes au centre vital de l’ennemi, vous avez à votre disposition mille moyens pour lui créer de multiples difficultés. [...] Vous devez suivre l’exemple des ouvriers qui détruisent leur matériel pour ne plus produire pour l’Allemagne, l’exemple des Francs-Tireurs de chez nous qui attaquent les postes allemands, l’exemple admirable de tout un Peuple dressé contre l’occupant. Vous devez, avec le relâchement de la surveillance consécutif aux départs de toutes les troupes sur le front de l’Est, vous évader en grand nombre. Faites vous-mêmes votre relève. [...] Le chleuh se sent perdu. Hitler manque d’hommes ; il exige 375000 esclaves nouveaux pour prendre la place, dans les mines boches, des milliers de chleuhs couchés par l’Armée Rouge. Il se prépare déjà à une nouvelle campagne d’hiver. C’est le moment, hâtez la débâcle, aidez les alliés. Dites vous bien que seule la victoire des alliés amènera la débâcle des 1500000 prisonniers encore retenus dans les stalags et les oflags. Au boulot, les gars ! Pour la France et contre les chleuhs, unissez-vous, aidez-nous à écraser le monstre nazi.  La Voix des Stalags, Organe de combat des prisonniers de guerre, août 1942, n°1
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