Jeux de rôles comme objets frontières dans un conflit de partage de l'eau d'irrigation au Bhoutan= Role-playing games as boundary objects in an irrigation water sharing conflict in Bhutan

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  Jeux de rôles comme objets frontières dans un conflit de partage de l'eau d'irrigation au Bhoutan= Role-playing games as boundary objects in an irrigation water sharing conflict in Bhutan
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  Montrouge, le 26/04/2011 Je´roˆme Queste  Vous trouverez ci-apre`s le tire´ a ` part de votre article au format e´lectronique (pdf) : Jeux de roˆles comme objets frontie`res dans un conflit de partage de l’eau d’irrigation au Bhoutan paru dans Agriculture, 2011, Volume 20, Nume´ro 1-2 John Libbey Eurotext Cetire´ a` partnume´ riquevousestde´ livre´  pourvotrepropreusageetnepeuteˆtretransmisa`destiersqu’a`desfinsderecherchespersonnellesouscientifiques.Enaucuncas,ilnedoitfairel’objetd’unedistributionoud’uneutilisationpromotionnelle,commercialeoupublicitaire.Tous droits de reproduction, d’adaptation, de traduction et de diffusion re´ serve´ s pour tous pays. #  John Libbey Eurotext, 2011 L’essentiel de l’informationscientifique et me´dicalewww.jle.com Le sommaire de ce nume´ro http://www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/agro_biotech/agr/sommaire.md?type=text.html  © John Libbey Eurotext, 2011 Jeux de rôles comme objets frontièresdans un con fl it de partage de l'eau d'irrigationau Bhoutan Résumé Le partage del’eaud’irrigationestsouventl’objetdene´gociationsentredesacteursayantdesconnaissancesdenaturesdiffe´rentes:chercheursetacteurslocaux,irrigantsetgestionnaires.Laconstructiond’accordssurlesmodalite´sdegestiondelaressourcedoitalorss’appuyersurune traduction des connaissances et des cadres de re´fe´rence de ces acteurs he´te´roge`nes.Dans cette perspective, nous nous inte´ressons dans cet article au roˆle d’« objets frontie`res »,ayant un sens diffe´rent dans diffe´rents mondes sociaux, mais suffisamment rigides pourconserver une identite´ propre. Ce cadre the´orique est mis a` l’e´preuve par l’analyse d’uneexpe´rimentationdemode´lisationd’accompagnementmene´eauBhoutanetreposantsurdesjeuxderoˆles.Lesuividessessionsdejeupermetd’expliciterlesfrontie`resentreungroupedescientifiquesetdeuxgroupesd’irrigantsetderendrecomptedesprocessusdetraductionquis’yope`rent.Cesinformationspeuventeˆtremobilise´esenpratiquepourlacoconstructiondenouvelles re`gles d’usage de l’eau pour une gestion adaptative de cette ressource. Mots cle´s :  approches participatives ; Bhoutan ; e´ valuation de projet ; gestion desressources ; irrigation ; ressource renouvelable.  The`mes :  eau ; e´conomie et de´ veloppement rural ; ressources naturelleset environnement. Abstract Role-playing games as boundary objects in an irrigation water sharing con fl ict inBhutan Irrigation water sharing is often negotiated between stakeholders with different levels of knowledge and different framing schemes: Scientists and local people, water users and water managers. Forging management agreements thus requires translation from oneframing scheme to another. To explore this issue, in this article we investigate the roleplayed by ‘‘boundary’’ objects, which display different meanings in different social worlds while being rigid enough to maintain an identity of their own. This theoretical framework was challenged by the analysis of a companion modelling experiment in Bhutan based onrole-playing games. Tracking thegame sessions allowed us to specify boundaries betweenthree groups, one of scientists and civil servants and two of villagers. Translation processes were accounted for. This information may be used in practice for the co-construction of new water sharing rules in an adaptive management perspective. Key words:   Bhutan; irrigation; participatory approaches; project evaluation; renewableresources; resource management. Subjects:   economy and rural development; natural resources and environment; water. J  erôme Queste 1 Franc ¸ ois Bousquet 2 Tayan Raj Gurung 3 Guy Tr  ebuil 2 1 CiradStation La BretagneGrand canalBP2097408 Saint-DenisFrance <  jerome.queste@cirad.fr > 2 CiradCampus international de BaillarguetTA C-4734398 Montpellier cedex 5France < francois.bousquet@cirad.fr >< guy.trebuil@cirad.fr > 3 RNR-RC Wengkhar MongarCouncil for renewable natural resourcesresearch (CoRRB)Ministry of Agriculture and Forestry (MoAF)ThimphuBhoutan < tayangurung@yahoo.com > Pour citer cet article : Queste J, Bousquet F, Gurung TR, Trébuil G, 2011. Jeux de rôles commeobjetsfrontièresdansuncon fl itdepartagedel'eaud'irrigationauBhoutan. Cah Agric  20:118-23.doi : 10.1684/agr.2010.0460 Tirés à part :  J. Queste  d   o i     :   1   0   . 1   6   8   4   /     a   g r  . 2   0   1   0   . 0   4   6   0   118  Cah Agric, vol. 20, n 8 1-2, janvier-avril 2011 Étude srcinale  © John Libbey Eurotext, 2011 D e nombreux travaux derecherche s’inte´ressent a`l’implication des « porteursd’enjeux » locaux dans les processusd’e´laboration des re`gles de gestion del’eau. Cette implication vise souvent a`ame´liorer la re´silience du syste`mesocio-e´cologique, c’est-a`-dire sa capa-cite´ a` re´pondre a` des perturbationsimpre´ visibles sans alte´rer ses princi-pales fonctions (Holling, 1973 ; Kuper et al. , 2009).Dans les syste`mes irrigue´s, le partagede l’eau donne ainsi souvent lieu a` desarrangements ope´rationnels lie´s a` descontraintes sociales et techniques loca-les(Dietz etal. ,2003).Danslecasd’unegestion adaptative, ces compromisdoivent prendre en compte des re`glescoutumie`res locales et des re´glemen-tations formalise´es (Folke, 2004). Lespremie`res sont lie´es aux conditionsenvironnementales et a` des relationsinterpersonnelles dans un contextee´cologique, social, politique et histo-rique singulier. Les secondes sontde´finies sur la base de conceptsthe´oriques parfois contradictoirescomme l’efficacite´ e´conomique,l’e´quite´ sociale, la durabilite´. De nom-breuses de´marches participatives onte´te´ expe´rimente´es pour accompagnerl’e´laboration de ces compromis(Lavigne-Delville  et al. , 2000). Cesde´marches se fondent au moinsimplicitement sur le principe del’agir communicationnel d’Habermas(Leeuwis, 2000) en faisant l’hypothe`sequ’une meilleure connaissancemutuelle des points de vue des diffe´-rentes parties prenantes facilitera cetravail (Bouen et Taillieu, 2004).Carac-te´riserlesdiffe´rencesdepointdevueetrendre compte de l’e´ volution de cetteconnaissancemutuellerestecependantproble´matique. Cet article s’inte´resse a`l’une de ces de´marches  –  la mode´lisa-tiond’accompagnement – quimobilisenotamment des jeux de roˆles pourfaciliter la coconstruction, entreacteurs locaux et animateurs, d’unerepre´sentationpartage´ed’unproble`mecollectif de gestion des ressourcesrenouvelables (Bousquet  et al. , 1999 ; Abrami  et al. , 2008).La mise en œuvre de cette de´marcheconduit des repre´sentants de partiesprenantes a` « jouer » un jeu mettant ensce`ne la gestion de la ressource, icil’eau d’irrigation. Le jeu e´ volue ensuiteen inte´grant au fur et a` mesure lesremarques et suggestions des joueurs.La conception et l’organisation dessessions de jeu structurent la relationentre animateurs et participants au fildu processus de coconstruction(Barreteau  et al. , 2010).Nous proposons d’utiliser ces jeuxde roˆles comme marqueurs a` la foisdes frontie`res cognitives entre lesdiffe´rents groupes et du travail detraduction qui s’y effectue. En quoipermettent-ils a` des individus demondes sociaux diffe´rents d’exprimeret de partager leurs connaissances,leurs inte´reˆts et leurs enjeux vis-a`-visdu proble`me de partage de l’eaud’irrigation ? Et re´ciproquement, enquoi leur observation permet-ellede caracte´riser l’he´te´roge´ne´ite´ desacteurs ? Terrain et méthode Pour explorer cette question, nousnous appuyons sur une expe´riencede mode´lisation d’accompagnementqui s’est de´roule´e dans la valle´e deLingmuteychu au Bhoutan (Gurung,2005). L’objectif ope´rationnel e´tait defaciliter la recherche par les villageoisd’une solution acceptable a` un conflitde partage de l’eau d’irrigation entreplusieurs villages e´tage´s en altitude. Con fl it de partage de l'eaud'irrigation au Bhoutan LeBhoutanestunroyaumebouddhistesitue´ danslescontrefortsdel’Himalaya.Ceroyaumeade´ veloppe´ unepolitiquestricte de pre´servation de l’environne-mentqui attribuelaresponsabilite´ desressources forestie`res a` l’Administra-tion centrale. Plus re´cemment, unepolitique contradictoire de de´centra-lisation a e´te´ inaugure´e pour trans-fe´rer la gestion des ressourcesnaturelles aux communaute´s be´ne´fi-ciaires. Ces deux initiatives viennentbousculer des pratiques ancestrales(Gurung, 2005).Danslebassin-versantdeLingmuteychu,l’activite´ agricole dominante est laculture irrigue´e du riz rouge d’altitude.La disponibilite´ en eau pendant lacourte pe´riode favorable au repiquagedu riz est le principal facteur ale´atoirede´cidant d’une bonne re´colte. Lerepiquage doit eˆtre acheve´ en juilletpour e´ viter que la baisse de tempe´ra-ture du de´but de l’automne ne fasseavorterlese´pilletsa` lafloraison,ruinantainsi la re´colte. Selon la coutume, desrepre´sentants du village de Dompolarendent visite a` leurs voisins du villagede Limbukha situe´ en amont le cin-quie`me jour du quatrie`me mois ducalendrier bouddhique et demandentdel’eau pourleurcanal.Le«gardien del’eau » prend acte de cette demande etouvre la vanne pour que le village avalrec¸oive la moitie´ du de´bit du canal. En2003, lorsque l’expe´rience de mode´li-sation d’accompagnement a de´bute´,cette re`gle de partage et la dated’ouverture de la vanne e´taient l’objetd’un conflit ouvert entre les deux villages depuis plusieurs anne´es(Gurung, 2005).Cinq autres villages e´tage´s se situentplus en aval dans la courte valle´e etcertains connaissent e´galement desproble`mes d’acce`s a` l’eau d’irrigationdurant la pe´riode de repiquage du riz. Processusd'accompagnementet coconstruction de jeuxde rôles En 2003, le Centre de recherche deBajo (RNR-RC Bajo) lance un nouveauprojet de recherche-action visant a`accompagner l’ame´lioration de lagouvernance du bassin-versant parles acteurs locaux. Trois ateliers sontorganise´s de 2003 a` 2005, qui re´unis-sent un groupe de scientifiques fran-c¸ais et bhoutanais ainsi que desfonctionnaires locaux, d’une part, etdes riziculteurs repre´sentants desdeux villages en conflit, d’autre part.Lesdeuxpremiersatelierssefocalisentsur le partage de l’eau entre les deux villages les plus en amont, mais, a` lademande des villageois, la participa-tion est e´tendue aux repre´sentants dessept villages de la valle´e au cours dutroisie`me atelier, en 2005.Les ateliers s’articulent autour de lapre´sentation, de l’organisation et dude´briefing de sessions de jeux de roˆlesconc¸us et anime´s par l’e´quipe descientifiques. A ` partir d’un diagnosticagraire ante´rieur (Gurung, 2005), cesderniers ont tout d’abord formule´ leurrepre´sentation du proble`me sous laforme d’un mode`le conceptuel multi-agent de l’activite´ d’irrigation. Cemode`le est ensuite imple´mente´ sousla forme d’un jeu de roˆles. D’un ateliera` l’autre, le jeu de roˆles est modifie´ 119 Cah Agric, vol. 20, n 8  1-2, janvier-avril 2011  © John Libbey Eurotext, 2011 pour prendre en compte les remar-ques et suggestions des joueurs qui valident ou non les hypothe`ses for-mule´es (Gurung  et al. , 2006). Lescultures de diversification avant rizet les diffe´rences de statut social entre villageois disparaissent tandis qu’unbonus re´compensant une bonne ges-tion conservatrice de l’eau du bassin- versant apparaıˆt.Lepremierjeuproposeunesimulationde l’activite´ agricole. Sur un plateau dejeu, des cases symbolisent les terrassescultivables des deux villages (  figure 1 ). Des cartes d’eau repre´sententchacune la quantite´ d’eau requisepour irriguer une terrasse. Trois ses-sions de jeu se succe`dent suivant troismodes de communication diffe´rents :sans communication entre villages,avec communication autorise´e, etenfin inversion des roˆles entre villagesamont et aval.Lorsquelesateliersonte´te´ e´tendusa` lapre´sence des sept villages du bassin- versant, le plateau de jeu a e´te´ modifie´en s’inspirant d’un jeu populaire local(Gurung  et al. , 2006) (  figure 2  ).Un suivi longitudinal des participantsest re´alise´ au cours du processusd’accompagnement. Il est comple´te´en 2007 par deux campagnes d’e´ va-luation  ex post   des effets de lade´marche sur le syste`me de gestionde l’eau d’irrigation. Gurung (2005) etGurung  et al.  (2006) ont fait unedescription fine des versions successi- ves de ces jeux et ateliers. Cadre théorique :frontières cognitiveset objets frontières Le proble`me de la combinaison dediffe´rentes formes de connaissancesentre groupes he´te´roge`nes a rec¸u unegrande attention dans la sociologie del’innovation. S’inte´ressant aux proces-sus de cre´ation de nouveaux produits,Carlile (2002) propose une caracte´ri-sation des frontie`res cognitives limi-tant la diffusion d’innovations entrediffe´rentes fonctions d’une entrepriseindustrielle a` trois niveaux : –  au niveau syntaxique, les diffe´rentsgroupes peuvent ne pas partager lemeˆme vocabulaire. L’usage de termestechniques, d’acronymes, de re´fe´ren-ces implicites contribue a` cette dis-tinction ; –  au niveau se´mantique, les diffe´rentsgroupes peuvent diverger de part etd’autre d’une frontie`re sur le sens despropositions,surleurinterpre´tationauregard de leurs cadres de re´fe´rence ; –  au niveau pragmatique, lesconnaissances sont investies dansl’action et l’organisationdesdiffe´rentsgroupes. Elles sont de ce fait intrinse`-quement lie´es a` la nature meˆme desgroupes, a` leur identite´ et leur orga-nisation. Les conse´quences de laremise en cause de ces connaissancesne sont pas les meˆmes pour chacundes groupes.Pour faciliter le processus de traduc-tion (Callon, 1986) entre ces diffe´rentsgroupes, les acteurs observe´s parCarlile mobilisent des objets frontie`-res. Par objet frontie`re, nous enten-dons un objet mate´riel ou immate´rielayant un sens diffe´rent dans lesdiffe´rents mondes sociaux pour les-quels il est pertinent, mais dont lastructure est suffisamment rigide poursupporter sans de´formation l’appro-priation par des individus de mondesdiffe´rents et permettre ainsi une miseen correspondance et une traductionde termes, concepts et enjeux d’unmonde a` un autre (Star et Griesemer,1989).Pour Carlile (2002), un objet frontie`reperformant, par rapport aux frontie`ressyntaxique, se´mantique ou pragma-tique en pre´sence, propose respecti- vement une syntaxe commune, unmoyen pour des individus de rendrecompte de leurs diffe´rents cadres dere´fe´rence, et enfin un accompagne-ment le long d’un processus d’appren-tissage conduisant a` faire e´ voluer lesconnaissances de part et d’autre de lafrontie`re.Nous appliquons ici cette grille the´o-rique aux jeux de roˆles mis en œuvredans la valle´e de Lingmuteychu auBhoutanenformulantl’hypothe`sequecette application nous permettra decaracte´riser les frontie`res autour des-quelles ils ope`rent. Résultats Au niveau syntaxique En quoi ces jeux de roˆles permettent-ils aux diffe´rents acteurs d’exprimerleurs connaissances vis-a`-vis du pro-ble`me de partage de l’eau d’irrigationa` re´soudre ?La conception d’un jeu implique unesimplification des parame`tres dumode`le sous-jacent : le succe`s d’unagriculteur est proportionnel au nom-bre de terrasses irrigue´es, toutes Figure 1.  Jeu de rôles lors du premier atelier. Figure 1.  Role-playing game during the first workshop. 120  Cah Agric, vol. 20, n 8 1-2, janvier-avril 2011  © John Libbey Eurotext, 2011 semblables. L’eau est pre´sente sousforme de volumes standards. Sur leterrain, toutes les terrasses ne sont pasde meˆme taille et leur productivite´de´pend d’autres facteurs. Les re`gles departage s’appuient sur d’autres unite´s :des tours d’eau et des fractions dede´bit d’eau. Ceschoix de mode´lisationtraduisent la perception qu’ont lesmode´lisateursduproble`medepartagede l’eau d’irrigation et des e´le´ments lesplus importants a` prendre en compte. Au cours du jeu, les connaissancesempiriques des joueurs sont investiesdans leurs actions. Un joueur peutainsi pre´fe´rer placer deux cartes d’eausur une seule terrasse en pensantobtenir une meilleure re´colte ou lase´curiser. Il explicite ainsi une re`gled’irrigation :  « Plus il y a d’eau, mieux c’est. »   Cette re`gle empirique estcorrecte dans le contexte local derarete´ de l’eau. D’un point de vueagronomique, elle n’est correcte quedans un domaine de validite´ restreint.Les concepteurs utilisent les re`gles dujeu pour retranscrire leur perceptionde la re´alite´. Les actions des joueurs,elles, permettent de mettre en e´ vi-dence leurs connaissances « en action »par rapport au proble`me. Ici, lafrontie`re syntaxique mise en e´ videncese´pare scientifiques et irrigants. Au niveau sémantique Enquoicesjeuxderoˆlespermettent-ilsaux diffe´rents acteurs d’exprimer leursinte´reˆts vis-a`-vis du proble`me departagedel’eaud’irrigationa`re´soudre? A ` l’issue d’une session de jeu, uncertain nombre d’indicateurs sontcalcule´s : revenu cumule´ de chaquejoueur, revenu global, quantite´ d’eaunon utilise´e, nombre de terrasses enjache`re, etc. La de´finition de cesindicateurs et leur mise en de´bat enassemble´e ple´nie`re sont l’occasiond’expliciter la manie`re dont les diffe´-rents acteurs posent le proble`me dupartage de l’eau et en e´ valuent leseffets : qu’est-ce qu’une « bonne »gestion de la ressource ?Les scientifiques mettent en avant lemeilleurrevenuglobaldelasessiondejeu au cours de laquelle une coordina-tion entre villages est autorise´e. Poureux, une « bonne » gestion permet de  produire plus de riz   a` l’e´chelle dubassin-versant. Au cours des deuxpremiers ateliers, les repre´sentantsdu village situe´ en aval s’appuientsur la diffe´rence de revenu entre lesdeux villages (amont et aval) pourquestionner l’ e ´ quite ´  des re ` gles   departage en vigueur. En re´action, lesrepre´sentants du village amont souli-gnent la diffe´rence de revenu entre anne ´ es de se ´ cheresse et anne ´ es plu- vieuses  . Plusieurs propositions sontformule´esafind’augmenterlaquantite´d’eau globale a` distribuer : re´fectiondes canaux d’irrigation, plantationd’arbres a` proximite´ des sources,organisation de prie`res collectives,par exemple. Un indicateur d’e´ valua-tion des pratiques qui se re´ ve`leconsensuel est le nombre de cartesd’eau non utilise´es, que les partici-pants s’accordent a` lier a` des activite´stechniques d’entretien des canaux. Au cours des sessions de jeux de roˆles,les acteurs attribuent un sens diffe´rentaux meˆmes re´sultats. Le choix desindicateurs retenus par les diffe´rentsgroupes peut permettre d’identifier cequi fait sens pour chacun d’eux. Laformulation du lien entre l’indicateurretenu dans le jeu et le monde re´elpermet aux diffe´rents groupes d’expli-citer leurs diffe´rences d’inte´reˆts : pro-duire plus, mieux partager l’eau, oupartager plus d’eau ?Le consensus obtenu sur un inte´reˆtcommun ame`ne les participants a`rede´finir les frontie`res du collectif concerne´ par le processus de concer-tation : le partage de l’eau existanten’impliquait quedeux villages. La luttecontre les pertes en eau profiterait a`l’ensemble des sept villages du bassin- versant. Au niveau pragmatique En quoi ces jeux de roˆles accompa-gnent-ils un processus d’apprentissageconduisant a` faire e´ voluer la mise enpratique des connaissances ?La de´marche de mode´lisationd’accompagnement expe´rimente´e iciest ite´rative, chaque nouveau jeu Figure 2.  Plateaux de jeu utilisé au cours du troisième atelier. Figure 2.  Game boards used during the third workshop. 121 Cah Agric, vol. 20, n 8  1-2, janvier-avril 2011
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